West Africa
Ivory Coast
Le procès des déchets mortels du Probo Koala s'ouvre à Abidjan | Le procès des déchets mortels du Probo Koala s'ouvre à Abidjan |
|
|
|
| _DATE_FORMAT_LC | |
|
Deux ans après le déversement à Abidjan des déchets toxiques du cargo Probo Koala, qui ont fait 17 morts et des milliers d'intoxiqués, le procès de cette affaire va s'ouvrir lundi devant une cour d'assises, en l'absence de l'affréteur du bateau, la multinationale Trafigura.
Signe de l'émotion suscitée dans le pays par ce scandale sans précédent, une manifestation de victimes était projetée devant le tribunal à l'ouverture du procès.La cour d'assises d'Abidjan, qui ne s'était pas réunie depuis 2002 en raison de la crise ivoirienne, va entendre pendant probablement une dizaine de jours les douze personnes renvoyées dans le volet ivoirien de cette affaire qui a aussi suscité un scandale aux Pays-Bas et en Estonie, pays de passage du Probo Koala. Au centre du procès se trouve Salomon Ugborugbo, 39 ans, directeur général de la petite société Tommy qui a organisé le pompage puis le déversement, du 19 au 20 août 2006, de 530 m3 de "slops" du Probo Koala, les résidus d'exploitation de ce cargo spécialisé dans le transport d'hydrocarbures. Les camions-citernes loués par le patron de Tommy, d'origine nigériane, avaient répandu les déchets toxiques à l'air libre dans la décharge publique d'Akouédo et en une quinzaine d'autres sites d'Abidjan. Les émanations des déchets - un mélange de produits pétroliers, soufre, soude caustique et mercaptan - ont provoqué la panique des riverains et entraîné près de 100.000 consultations médicales pour des suffocations, nausées et autres malaises. Selon la justice, les déchets ont provoqué la mort de 17 personnes. Au terme d'une discrète audience qui s'est tenue le 19 mars 2008, la chambre d'accusation de la cour d'appel d'Abidjan a aussi renvoyé six personnes pour "complicité d'empoisonnement". Comme M. Ugborugbo, elles risquent la prison à perpétuité, la peine de mort ayant été supprimée dans la Constitution de 2000. Il s'agit notamment du commandant du port à qui la justice reproche de ne pas avoir vérifié si Tommy avait "l'outillage indispensable" pour traiter les déchets, comme cette société l'avait affirmé dans un courrier à l'affrêteur Trafigura. Il est aussi accusé de ne pas avoir utilisé ses pouvoirs de police pour empêcher le Probo Koala de quitter le port. Le directeur technique et un employé de la société Waibs, désignée comme consignataire par Trafigura, sont également poursuivis pour avoir choisi Tommy pour la récupération des "slops". Trois douaniers sont également considérés comme complices pour ne pas avoir arrêtés le pompage des produits alors qu'ils dégageaient une odeur insupportable. Cinq autres personnes doivent comparaître aux assises pour le délit d'"infraction au code de l'environnement et à la loi portant protection de la santé publique". On trouve parmi elles deux "garagistes" qui avaient racheté une citerne de déchets toxiques en pensant avoir affaire à du gasoil de mauvaise qualité et qui ont tenté ensuite de s'en débarrasser. Il y a aussi un haut fonctionnaire, ancien directeur général des affaires maritimes et portuaires, qui a émis un avis favorable à la délivrance d'un agrément d'avitailleur à la société Tommy. La chambre d'accusation a en revanche prononcé un non-lieu pour une dizaine d'autres personnes poursuivies au cours de l'instruction, en particulier les cadres de Trafigura. Le 13 février 2007, la multinationale avait conclu un accord à l'amiable avec l'Etat ivoirien qui arrêtait toute poursuite en contre-partie du versement d'une indemnisation globale de plus de 100 milliards de FCFA (152 millions d'euros). Cet accord avait alors permis la libération de deux hauts cadres de Trafigura incarcérés depuis des mois après un déplacement à Abidjan. Set as favorite Bookmark
Email This
Comments
(0)
You must be logged in to a comment. Please register if you do not have an account yet.
|